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Le dollar américain a rapidement regagné du terrain face à l’euro, à la livre, au dollar australien et à d’autres actifs risqués.
Ce renforcement reflète une évolution des anticipations de marché en faveur de nouvelles hausses de taux d’intérêt de la Federal Reserve, même si celles-ci ne sont pas attendues dès la prochaine réunion. Lorsque les opérateurs intègrent dans les prix une trajectoire de taux plus élevée, les rendements des obligations américaines augmentent, et, avec eux, l’attrait du dollar, puisque les capitaux ont tendance à se diriger vers les placements offrant les rendements les plus élevés. Ce repositionnement des anticipations vers une posture plus « hawkish » a été le principal moteur du renforcement de la devise américaine. Pour l’euro et la livre, ce changement est devenu une source de pression. La hausse des rendements américains a élargi l’écart de taux avec la zone euro et le Royaume-Uni, réduisant l’attrait relatif des deux monnaies européennes. En conséquence, les paires EUR/USD et GBP/USD ont reculé sous la pression du renforcement du dollar, et l’ampleur de leur baisse dépendra de la confiance du marché dans la perspective d’un nouveau resserrement de la Federal Reserve.
Aujourd’hui, le calendrier européen apparaît peu chargé, avec seulement la publication des chiffres du chômage en Espagne et le rapport mensuel de la Bundesbank. Le taux de chômage reflète la situation du marché du travail dans l’une des principales économies du bloc. Parallèlement, le rapport de la Bundesbank contient l’évaluation par la banque centrale allemande de la situation actuelle et de ses perspectives, à partir de laquelle le marché jauge le climat en matière de politique monétaire. Cependant, ces deux événements restent secondaires et ne devraient pas apporter un soutien significatif à la monnaie unique.
La situation est d’autant plus complexe que l’euro est déjà revenu à son plus bas hebdomadaire face au dollar, effaçant ses gains récents. En l’absence de moteurs internes solides, la paire EUR/USD restera sous l’influence du dollar renforcé, et un agenda macroéconomique peu fourni ne donnera pas à l’euro la base nécessaire pour un retournement.
L’absence de publications macroéconomiques au Royaume-Uni prive également la livre de ses propres catalyseurs. En général, ce sont les statistiques sur le marché du travail, l’inflation ou l’activité des entreprises qui donnent le ton à la devise britannique, car elles façonnent les anticipations concernant la politique de la Bank of England. Or, aucun de ces indicateurs ne figure au calendrier aujourd’hui. Dans ce contexte, les principaux facteurs pour la paire seront la dynamique du dollar et l’appétit global pour le risque. Après la vague de ventes d’hier, il est difficile d’anticiper un rebond marqué de la livre. Sans impulsion domestique, la paire GBP/USD manque du soutien nécessaire pour effacer ses pertes avec assurance, tandis qu’un dollar solide devrait continuer de limiter toute tentative de reprise.
Si les données sont conformes aux attentes des économistes, il est préférable d’appliquer une stratégie de Mean Reversion. Si les chiffres s’écartent nettement à la hausse ou à la baisse des prévisions des économistes, la stratégie Momentum sera la plus adaptée.