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16.04.2026 01:34 AM
AUD/USD : Un examen important pour l’Australien

Le dollar australien a testé le niveau de résistance de 0,7150 (la borne supérieure des Bandes de Bollinger sur l’unité de temps D1) pour la deuxième journée consécutive, dans un contexte d’affaiblissement généralisé du dollar américain. Malgré la situation contradictoire entourant le conflit au Moyen-Orient, les traders continuent de « parier sur la paix », ce qui maintient l’intérêt du marché pour les actifs risqués. L’un des bénéficiaires de cette situation est l’Aussie, qui a atteint mercredi un plus haut de quatre semaines face au billet vert.

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Cependant, la dynamique haussière de l’AUD/USD est alimentée non seulement par la géopolitique, mais aussi par la divergence des politiques monétaires entre la Federal Reserve et la Reserve Bank of Australia (RBA). Tandis que la Fed adopte une approche attentiste (sans exclure une baisse de taux d’ici la fin de l’année), la RBA maintient une position agressive, laissant ouverte la possibilité d’une nouvelle hausse de taux lors de l’une des prochaines réunions.

Fait notable, la banque centrale australienne a même ignoré le ralentissement de l’inflation en février. D’un mois sur l’autre, l’indice global des prix à la consommation (CPI) est tombé à 0 % (après une hausse de 0,4 % en janvier), tandis qu’en glissement annuel il a reculé à 3,7 % (contre 3,8 % précédemment). Commentant ce rapport, les responsables de la RBA ont invoqué des facteurs saisonniers. Par exemple, en février, la demande de billets d’avion et d’hôtels a fortement chuté (avec la fin des vacances scolaires), ce qui a conduit les opérateurs à revenir à leurs niveaux de prix « standards », supprimant les majorations liées aux congés.

En d’autres termes, les membres de la RBA ont ignoré le « repli » de l’inflation en février et conservé un biais agressif. Il est important de rappeler qu’à l’issue de la réunion de mars, la décision d’augmenter les taux a été très serrée : cinq membres du Conseil ont voté « pour » et quatre « contre ». Toutefois, ces quatre derniers plaidaient pour une pause agressive, invoquant l’incertitude entourant le degré de tension sur le marché du travail et l’incertitude quant à la dynamique de l’inflation trimestrielle (les données du premier trimestre seront publiées à la fin du mois).

C’est pourquoi la publication de jeudi est si importante pour les traders de l’AUD/USD, puisque nous recevrons des données clés sur le marché du travail pour le mois de mars.

Selon les prévisions préliminaires, le taux de chômage en Australie devrait rester inchangé à 4,3 % en mars. Le nombre de personnes employées devrait augmenter de 18 000. Il s’agit d’un résultat relativement correct, mais le ratio emploi à temps plein / emploi à temps partiel sera déterminant. Par exemple, le mois précédent, la hausse globale de l’indicateur s’expliquait uniquement par la progression de l’emploi à temps partiel, tandis que l’emploi à temps plein reculait (le ratio était de -30 500 / +79 400). Si le rapport de mars fait apparaître une nouvelle forte baisse de l’emploi à temps plein, le dollar australien sera sous pression, même si le taux de chômage global demeure bas.

À l’inverse, si l’emploi progresse plus fortement qu’anticipé et que le principal moteur de cette hausse est constitué des postes à temps plein, les acheteurs d’AUD/USD se retrouveront de nouveau « aux commandes », car un tel résultat constituerait un déclencheur clé pour une nouvelle décision de resserrement monétaire de la RBA dans le contexte actuel.

Il conviendra également de prêter attention au nombre total d’heures travaillées. En février, cet indicateur a reculé, conséquence directe de la modification de la structure de l’emploi en faveur des postes à temps partiel. Si cette tendance baissière se poursuit (à la fois en termes de biais vers le temps partiel et de diminution des heures travaillées), cela signalera une réduction du volume réel de travail productif, susceptible de conduire à un ralentissement durable de la croissance du PIB.

En revanche, si ces composantes de la publication se situent dans la « zone verte », le ressort comprimé se détendra dans le sens opposé, en faveur du dollar australien.

Ainsi, le rapport de jeudi revêt une grande importance pour les traders de l’AUD/USD – en particulier si les événements au Moyen-Orient évoluent vers une désescalade. Si l’Iran et les États-Unis retournent à la table des négociations, ou si le cessez-le-feu de deux semaines est prolongé, l’intérêt pour les actifs risqués restera soutenu et les publications macroéconomiques reviendront au premier plan. Dans un tel scénario, les « non-farm » australiens joueront un rôle crucial pour l’AUD/USD – au moins dans une optique de moyen terme.

Sur le plan technique, la paire se situe, sur le graphique quotidien, entre les lignes médiane et supérieure des Bollinger Bands et au-dessus de toutes les lignes de l’indicateur Ichimoku (y compris au-dessus du nuage Kumo. Un schéma similaire s’est formé sur le graphique 4 heures, à la différence près que l’indicateur Ichimoku y affiche un signal haussier de « Parade of Lines ». Tout repli correctif de la paire doit être considéré comme une opportunité d’ouvrir des positions longues, avec un premier (et pour l’instant unique) objectif à 0,7150 (la ligne supérieure des Bollinger Bands sur l’unité de temps D1).

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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