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20.05.2026 12:49 AM
GBP/USD. Géopolitique, politique et données macroéconomiques : la livre est à la croisée des chemins

La paire GBP/USD a récemment affiché une forte volatilité, mais peine à définir une direction claire. Acheteurs et vendeurs se relaient pour prendre l’initiative, réagissant à un flux d’actualités qui évolue très rapidement. Pendant près de trois semaines en mai, la paire a évolué dans une large fourchette : les acheteurs ont poussé le cours vers un plus haut de trois mois à 1,3656, tandis que les vendeurs l’ont ramené vers un plus bas de cinq semaines à 1,3301.

Au centre de l’attention se trouvent la géopolitique, la crise politique au Royaume-Uni et les principaux indicateurs macroéconomiques. Ces facteurs ressemblent aux « cygne, écrevisse et brochet » qui tirent la paire GBP/USD dans des directions opposées.

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Commençons par les événements politiques intérieurs au Royaume-Uni. Sur fond de résultats décevants aux élections locales pour le parti travailliste au pouvoir, les discussions autour d’un possible changement de direction du parti (et, par conséquent, de Premier ministre), Keir Starmer, se sont intensifiées au Royaume-Uni. La situation a été encore attisée par la candidature d’Andy Burnham à une élection législative partielle. Le Maire du Greater Manchester est considéré comme l’un des principaux prétendants au poste de nouveau chef du parti. Les résultats du sondage YouGov de lundi ont montré que 47 % des membres du Labour préfèrent voir Burnham à la tête du parti. Les intervenants de marché ont perçu cette information comme une menace pour la stabilité de la politique budgétaire, à la suite de quoi la paire GBP/USD a reculé vers la base de la zone des 1,33.

Le fait est que Burnham est associé à une approche plus à gauche et plus « dépensière » en matière de politique économique. Il est considéré comme un responsable politique qui soutient traditionnellement l’augmentation des dépenses publiques (en particulier dans les secteurs social et de la santé), une redistribution plus active et un respect moins strict des contraintes budgétaires. Naturellement, les traders considèrent une telle orientation comme un facteur de risque de creusement des déficits publics, d’augmentation de l’émission de dette souveraine et de pression accrue sur les rendements.

Cependant, lundi, Burnham a publiquement rassuré les marchés en déclarant que, s’il arrivait au pouvoir, il ne reviendrait pas sur les limites imposées à l’endettement public. Selon lui, les règles budgétaires actuelles resteront en vigueur et les dépenses de défense ne dépasseront pas les plafonds fixés.

Une telle rhétorique « apaisante » a provoqué une forte volatilité de la paire GBP/USD : en seulement quelques heures, le cours a gagné plus de 100 pips.

Les acheteurs ont également bénéficié d’un soutien supplémentaire venu des derniers développements géopolitiques. Lundi, des informations ont circulé selon lesquelles Washington serait disposé à discuter d’un allègement temporaire des sanctions dans le cadre de négociations avec Téhéran. Ces rumeurs rassurantes ont contribué à réduire les tensions géopolitiques, mettant le dollar sous pression sur l’ensemble des marchés. La paire avec la livre n’a pas fait exception, ce qui a permis aux acheteurs de GBP/USD de tester la zone des 1,34.

Cependant, mardi, la paire GBP/USD est repartie à la baisse dans le sillage d’un rapport plutôt faible sur le marché du travail britannique. La publication était mitigée, mais les traders l’ont interprétée de manière univoque comme un signal vendeur pour la devise britannique. Cette conclusion semble parfaitement justifiée, car malgré le caractère contrasté des chiffres, « le verre est à moitié vide » en l’occurrence, et non l’inverse.

Ainsi, le taux de chômage officiel au Royaume-Uni pour la période de trois mois close en mars 2026 est monté à 5,0 %, après une baisse à 4,9 % sur la période précédente. La plupart des analystes s’attendaient à une stabilisation de l’indicateur à son niveau antérieur.

On a également enregistré une baisse significative du nombre d’employés sur les listes de paie (de près de 100 000). Il s’agit de l’un des reculs les plus marqués de ces dernières années (hors crise du coronavirus).

Dans le même temps, le nombre total d’offres d’emploi a reculé à 705 000 sur la période de février à avril de cette année. C’est le niveau le plus bas pour cet indicateur depuis cinq ans (depuis le printemps 2021). Par rapport au trimestre précédent, ce chiffre a diminué de 3,9 %. En glissement annuel, la baisse atteint 7,1 %. Le repli des offres a été observé dans 11 des 18 secteurs de l’économie, le commerce de détail étant le plus touché. Il convient de noter que cette composante du rapport joue le rôle de « précurseur ». Autrement dit, il s’agit d’un indicateur avancé signalant que les entreprises intègrent déjà les risques de stagnation et gèlent les nouveaux recrutements.

Le nombre de demandes d’allocations chômage a augmenté de 26 500 en avril, après une hausse de 4 900 le mois précédent. Il s’agit de la plus forte dynamique de croissance depuis 2023. Combiné au recul de l’emploi et à la hausse du chômage, cet indicateur montre que le marché du travail britannique entre dans une phase de refroidissement progressif.

Le rythme de progression des salaires (hors primes) a ralenti à 3,4 %, soit son plus bas niveau depuis 2020. Corrigé de l’inflation, cela équivaut à une quasi-stagnation des revenus réels.

Il en résulte un fondamental contradictoire pour la paire GBP/USD. D’un côté, l’on entrevoit quelques lueurs d’espoir quant au règlement du conflit au Moyen-Orient ; de l’autre, les statistiques sur le marché du travail britannique sont moroses. Les acheteurs n’ont pas réussi à s’installer durablement dans la zone des 1,34 (ce qui met en doute la fiabilité des positions longues), mais envisager des positions courtes ne devient pertinent que si les vendeurs parviennent à se maintenir sous le niveau de soutien de 1,3380 : à ce prix, la ligne moyenne des Bollinger Bands sur l’unité de temps H4 coïncide avec la ligne Tenkan-sen. Malgré le sentiment baissier dominant mardi sur la paire GBP/USD, les vendeurs n’ont pas encore réussi à franchir cette barrière. Si les baissiers parviennent à enfoncer ce seuil, l’objectif suivant du mouvement descendant se situera autour de 1,3310 (la limite inférieure du nuage Kumo sur l’unité de temps D1).

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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